mercredi 12 février 2020

Désiré et Lazarine : Une vie de roman 3e partie (1/3)

Désiré et Lazarine : Une vie de roman 3e partie (1/3)




Il y a quelque temps déjà, je vous racontais la première partie de la vie de mes arrières-arrières grands-parents paternels. 
Pour vous rafraîchir la mémoire, voici les articles concernant Désiré Claude REVERCHON et Marie Lazarine BOITEUX.



Une rencontre méconnue


Après avoir quitté leur vie respective, Désiré et Marie Lazarine se sont rencontrés. Encore marié chacun de leur côté, ils ne sont pas passés devant le maire.

Comment se sont ils rencontrés, au fait? 
Je ne le sais toujours pas et cela risque de rester à tout jamais un mystère. Cependant j'ai une hypothèse: l'époux de Lazarine, Jean Louis Rofast, était ajusteur mécanicien et Désiré était forgeron mécanicien. Au vu de leurs adresses respectives relevées dans divers actes, il semble qu'ils habitaient tous dans l'ancien quartier de la Marine à Alger. 




 Le quartier de la marine (Alger)

Le quartier de la marine (Alger)

 Le quartier de la marine (Alger)



Peut être étaient-ils alors mécaniciens pour la Marine. 
Peut être aussi se sont-ils alors rencontrés à l'occasion de leur travail. 
Peut être aussi étaient-ils amis. 
Marie Lazarine se serait elle enfui avec Désiré pour changer de vie?



Une vie de roman épistolaire


Leur nouvelle vie ensemble ne m'apparaît pas clairement. Je la devine au travers de lettres écrites par Désiré. En effet, au cours de sa nouvelle vie en Algérie, Désiré décide de se reconvertir.
Il rentre à la ferme-école du gouvernement à Moudjebeur vers 1880-1881 et à sa sortie il demande une concession de terre qui lui est refusé. S'ensuit alors de nombreux échanges de lettres (relances, recours) avec le maire, le gouverneur, la préfecture et même la Présidence de la République de l'époque.

Au travers de ses lettres, il livre ses sentiments et raconte les malheurs qui ont jalonné sa vie et celle de sa "femme" (qui n'est pas nommé par son véritable nom), ainsi que les choix qui l'ont amené à prendre certaines décisions. 

Pour vous raconter leur vie je vais donc vous "lire" ces lettres datant toutes de l'année 1883. 
Je ne peux vous mettre les photos car elles sont de très mauvaises qualités. Je vous les retranscrit donc tels quels.


Lettre à la Prefecture

Fouka, le 7 février 1883

Monsieur le préfet,

Je vient soliciter par une demande de concession ou il y a environs deux ans je suis aller trouver Madame Albert grevis vu que Monsieur albert ne se trouvez elle mavait bien fait promettre de revenir. Je ne ment été plus occuper. Aujourd'hui j'ai un petit garçon, je désirez bien le lui laisser quelque chose un jour ou avec la personne que je suis, vue quelle na eut de chance avec sa famille elle a trouvez au lit de mort de Madame Salas Mère, elle avait bien été trouver Monsieur Salas chef de bureau lui raconter les peines et les chagrins quelle a éprouver Mais elle ne cest santie le courage.Monsieur le prefet je pense que vous ferez quellechose pour nous. Je suis petit parent avec MonsieurJules Grevis president de la république et voisin du même département du Jura, Vers en Montagne.Je suis été 4 ans Militaire ouvrier d'artillerie à Strasbourg et est les prussiens chez moi pendant [...]la guerre de 1870 [...] mes trois enfants [......] que j'ai éprouvé dans mon usine que j'avais à arbois jura pendant cette triste guerreJe suis venue Alger en 1872. Je nest que de bon papier et de bon certificat à fournir, jai des biens de ma famille avoir d'un instant à l'autre. je sort de la ferme du gouvernement  de la ferme école de Moujdebeur je suis sorti pour metaier à Fouka forgeron Mécanicien je conte bien sur vous, Monsieur le préfet pour une concession auplutôt. si vous ne pouvez faire pour moi j'écrirez au president de la république à paris.Mais daprès Mes papiersje pense que vous maccorderez vous même au plutot.

Agrée Mes salutations respectueuse
reverchon
Adresse: Monsieur désiré reverchon forgeron Mecanicien à fouka



Lettre à la Présidence de la République


Fouka, le 1er Mars 1883

Monsieur le président de la république,
Veuillez bien Me venir en aide à la
demande que j'ai fait à la préfecture d'alger
au Mois de février 1883. pour tachez davoir une concèssion de terrain
il y a environ deux ans je suis allez trouver le gouverneur dalger
et il ne s'y trouver. je suis été reçu par MadameGrévy
ainsi que de Monsieur son fils. pour lui raconter ma position
je suis du département du Jura de Vers en Montagne
et ait les prussiens dans Mon Usine le temps de la
guerre de 1870. j'ai perdue trois enfants que jadorez
jai été Marier avec Othilie Villmot d'arbois  aujourdhui
le chagrin a voulue que je vienne en algerie depuis
1872. jai de bon papier à fournir et de bon certificat
de ma conduite. je suis été 14 ans ouvrier dartillerie
et travailler surveillant à l'arsenal dalger. je vient
de quitter Moudejebeur ferme lécole véterinaire
pour pouvoir metablir à Fouka. j'ai un petit garçon
que je desirez le lui laisser un petit avenir
vous savez Monsieur le président que nous
sommes du même département  et si
vous pouvez me recommandez au près de
Monsieur le prèfet dalger pour tachez davoir une
concession de terrain au plutot. jai un peut de bien à
arbois jura je le vendrez pour tachez de faire une petite
position à mon fils au plutot. veuillez bien voir que
Ma demande nest pas bien écrite seulement
je laie faites de ma main. je vous implore votre
protection au plutot si vous le voulez pour que
je puissent avoir un petit avenir sur mes vieux jours.
Agrée Mes salutation respéctueuse
désiree Reverchon
Adresse: Monsieur désirée Reverchon
forgeron Mécanicien à Fouka
commune de Koléah Algerie


Lettre au Gouverneur Général


Fouka, le 12 Avril 1883

Monsieur le gouverneur Général,

Veuillez bien mescuser si je me permet de vous 
écrire puisque je suis été Mis en instance au 
près de vous pour avoir votre protection. je pense que
nous ne Moublirez point auprès de Monsieur le préfet
d'alger au plutot.je serez bien heureux de pouvoir être
chez Moi ayant un bon Métier forgeron Mécanicien
et dans un village convenable. javais écrit à
Monsieur Grévy président de la république ou il me
connais parfaitement toute Ma famille. il cest bien
les pertes que jai éprouver en 1870 avec les prussiens
chez Moidans Mon atelier dans le département
du Jura Arbois. il cest que jai perdu Mes trois
enfants qui été tous elevé. Aujourdhui
que je viendrez à me fixer en Algerie depuis
1872 je suis en algerie et je nest que de bon papier
à fournir je suis été à larsenal dalger, chef
de la cartoucherie jai quitter pour allez dans
linterieur. jai quitter la ferme école de véterinaire
du gouvernement au Mois octobre dernier pour venir
à Fouka.
Monsieur le Gouverneur Général
je ne cest si il faut que jenvouiret Mais papier
à Monsieur le prefet, ou bien que je descende à alger
les lui porter moi même, si je puit navoir besoin
dy aller jen serez bien satisfait.
Il me reste à bien vous remerciez de ce vous ferez
pour nous. jai un petit garçon et je desirez à que je
puissent le lui laisser quelque chose un jour.

l'assurance de Ma consideration distinguer
Reverchon

Forgeron Mécanicien à Fouka
commune de Coléah Algerie
Veuillez bien Mescuser, si je me permet de vous
Recevez Monsieur le Gouverneur Général
Adresse: Monsieur Désiré Reverchon


Les courriers de l'administration 


Lettre de la Préfecture d'Alger au Maire de Koléa
Lettre de la Préfecture d'Alger au Maire de Koléa (source: CAOM)

Lettre de la Préfecture d'Alger à Monsieur Désiré REVERCHON
Lettre de la Préfecture d'Alger à Monsieur Désiré REVERCHON (source: CAOM)

Feuille de renseignement pour l'obtention d'une concession de terre
Feuille de renseignement pour l'obtention d'une concession de terre (source: CAOM)

Formulaire de soumission pour l'obtention d'une concession de terre
Formulaire de soumission pour l'obtention d'une concession de terre (source: CAOM)



Dans ces courriers Marie Lazarine est citée sous le nom de Victorine BRAI
Le prénom de Victorine se retrouve quelquefois accolé à ses prénoms: une fois elle s'appelle Marie Victorine BOITEUX et une autre fois c'est Victorine Lazarine BOITEUX. Ces prénoms ne sont utilisés uniquement que pour les actes concernant sa seconde vie (les actes concernant son fils et son acte de décès). Par contre, le nom de BRAI m'est inconnu. Pourquoi avoir choisi ce nom? Sans doute pour disparaître et ne pas laisser de trace. Et d'où vient-il? Aucune idée.


Je vous retranscrirez les prochaines lettres dans le prochain article. A suivre, donc ...

samedi 30 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Z comme Zingueur

#ChallengeAZ 2019 - Z comme Zingueur





C'est sous ce terme qu'il est nommé mais il est associé plus généralement à l'activité de Couvreur. En effet, ceux qui exercent cet emploi sont souvent des artisans couvreurs.

Le Zingueur est donc un artisan du bâtiment spécialisé dans les zingueries. 
Mais vous allez me dire: qu'est ce que la zinguerie 

La zinguerie est l'ensemble des activités d'isolation et de couverture des toitures, avec des éléments métalliques pour permettre l'évacuation des eaux ou encore pour rendre la toiture étanche grâce à des éléments placés entre la maçonnerie et le toit. Le terme zinguerie provient d'un matériau largement utilisé: le zinc. Mais on peut aussi utiliser de l'acier ou du cuivre.

Le zingueur est donc le professionnel qui va effectuer ces activités.



Dans mon arbre



Le zingueur de mon arbre est mon arrière grand-père. 
Son nom: Jules Jean Baptiste BOUS

Il naît le 9 février 1907 à Lille, dans le Nord. Il est le fils de Jules Charles Adolphe BOUS, peintre en bâtiment, et de Joséphine Marie DUJARDIN.

Le 27 juillet 1929, il épouse Adrienne MEYER, à Recquignies

Pendant la seconde guerre mondiale, il est fait prisonnier et sera interné dans des camps Allemands. 

Il décède le 19 juillet 1972, à l'âge de 65 ans.



vendredi 29 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - Y comme Prendre soin de ses Yeux

#ChallengeAZ 2019 - Y comme Prendre soin de ses Yeux




Qui peut bien prendre soin de nos yeux? Les ophtalmologues ou bien les opticiens.
C'est de ces derniers que je vais vous parler, ou plutôt vous parler du lunetier. C'est sous ce terme que l'opticien était appelé il y a bien longtemps.




Une histoire de lunettes


Les lunettes semblent apparaître au Moyen-Âge. 
A cette époque, les verriers et les miroitiers partagent avec les lunetiers la fabrication des lunettes. 
Ils exercent une profession à la fois scientifique (optique) et artisanale.



Le lunetier au Moyen Âge
Le lunetier au Moyen Âge



Les premières lunettes sont appelées bésicles et sont composées de deux cercles de bois reliés l'un à l'autre par un clou, enserrant des verres convexes. Ce sont des lunettes sans branches qui se fixent sur le nez.
Par la suite, les montures se diversifient: elles sont fabriquées aussi en cuir et en métal.

Petit à petit, ils trouvent la technique actuelle: les branches font leur apparition et les lunettes à fine monture sont créées à la fin du XVIIIe siècle, en 1796, par Pierre-Yacinthe Caseaux, cloutier du Morez, dans le Jura.



Lunettes pince-nez
Lunettes pince-nez



Lunette XIXe siècle
Lunette XIXe siècle


Objet rare et cher au Moyen Âge, les lunettes se démocratisent à partir du XIXe siècle et la fabrication s'industrialise: de très nombreux ateliers se développent surtout en Franche-Comté et dans la région du Morez, qui se spécialise dans ce secteur.


Les outils du lunetier
Les outils du lunetier


Cependant, on ne peut pas dire que les lunetiers sont déjà des opticiens car les lunettes ne sont pas encore fabriquées à la vue particulière des clients mais plutôt avec des verres plus ou moins bonne pour telle ou telle pathologie. 
C'est au XXe siècle, que le lunetier devient un professionnel de santé grâce au développement de la technologie optique.




Dans mon arbre


Dans mon arbre, pas d'ancêtre direct lunetier mais un collatéral, François Xavier DELACROIX. Il est le beau frère, soit l'époux de la sœur, de mon arrière-arrière grand-père Claude Désiré REVERCHON.

François Xavier DELACROIX naît le 2 février 1819, à Les Rousses, petite commune du Jura.

Il épouse Marie Louise Constance REVERCHON, le 30 juin 1840 à Vers-en-Montagne. Ils ont 3 enfants.

Il décède le 27 novembre 1886 à Morez, lieu emblématique de la lunetterie Française. Il avait 67 ans.




Source: 



jeudi 28 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - X comme Métier Inconnu

#ChallengeAZ 2019 - X comme Métier Inconnu








Pour aujourd'hui, le format de mon article va quelque peu changer.
Tous les jours, je vous parle d'un métier exercé par un ou plusieurs ancêtres de mon arbre et vous raconte brièvement leur vie.

Aujourd'hui, je profite de la lettre X pour lancer une bouteille à la mer et vous demander à vous, si vous connaissez ces métiers. 

En voici la liste:


  • Tireur de long
  • Tardeur
  • Salineur: un rapport avec le sel?
  • Couvreur en lave: je connais le métier de couvreur mais pourquoi en lave?
  • Justicier



#ChallengeAZ 2019 - W comme une histoire de Wagons

#ChallengeAZ 2019 - W comme une histoire de Wagons









Vous l'aurez compris, je vais vous parler des métiers du rail.

Le Chemin de Fer est une invention assez récente. 
Au XIXe siècle, la France est encore un pays rural, dont les habitants se déplacent par route, à diligence, carriole, chariot ... . Les voyages sont longs, inconfortables et fatigants.

La première ligne date de 1828. Elle reliait St-Etienne à Andrézieux. Ainsi située dans une région minière, cette ligne était dédiée au transport de charbon.
Petit à petit de nouvelles lignes s'ouvrent et ces installations vont s'accélérer à partir de 1850. 



Des Compagnies de Chemin de Fer vont alors voir le jour: 
  • La Compagnie d'Orléans (PO)
  • La Compagnie de l'Ouest
  • La Compagnie du Nord
  • La Compagnie du Midi
  • La Compagnie de l'Est
  • La Compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM)

A celle-là s'ajoute des  Compagnies dans les territoires hors métropole. En Algérie, par exemple, cinq Compagnies sont créées: 

* la Compagnie des chemins de fer Bône-Guelma (BG), 
* la Compagnie de l'Est algérien (EA), 
* la PLM réseau d'Algérie (PLM), 
* la Compagnie de l'Ouest algérien (OA), 
* la Compagnie Franco-Algérienne (CFA) 


Carte des Chemins de Fer Algériens au XIXe siècle
Carte des Chemins de Fer Algériens au XIXe siècle (source: ici)


Ce développement du rail accompagne la Révolution Industrielle et crée de nouveaux emplois qui sont réunis sous l’appellation "Cheminot", parmi lesquels on trouve:

  • L'aiguilleur était l'agent du chemin de fer chargé de la manœuvre des aiguillages.
  • L'atteleur était chargé d’effectuer l’accrochage des wagons entre eux
  • Le Cantonnier était préposé à l’entretien des voies ferrées et de leurs abords
  • Le Conducteur dont la fonction principale était d'assurer la conduite d'un train. Il était souvent appelé « mécanicien »
  • Le Chauffeurs'occupant de la marche d'une locomotive à vapeur, devait  veiller à la « conduite du feu » et à la production de vapeur
  • Le Contrôleur se chargeait des contrôles de billets, des renseignements, et surtout de la sécurité des voyageurs
  • L'Enrayeur était chargé, dans une gare de triage, de provoquer, à l'aide d'un sabot-cale, l'arrêt d'un wagon lancé
  • Le Garde barrière était chargé de la manœuvre des barrières d'un passage à niveau
  • Le Poseur assurait la réparation et la réalisation de voies ferrées 
  • Le Wagonnier était chargé de manœuvrer les wagons

Illustration du métier de poseur en chemin de fer
Illustration du métier de poseur en chemin de fer



Le 31 août 1937, la Société Nationale des Chemins de Fer est crée par décret, par convention entre l'Etat et les grandes Compagnies de chemins de fer qui existent déjà.

****************

Ce qui va m'intéresser ici, c'est le métier de poseur que mon arrière-arrière grand-père exerçait.


Nicolas SPAUTZ, mon sosa 22, est né le 9 juillet 1832 à Larochette, au Luxembourg. Il est le fils d'Evrard SPAUTZ, barbier et cultivateur, et de Anne Marie FEUERSTEIN.
Il est le second d'une fratrie de 9 enfants, tous né à Larochette

En 1857, toute la famille entreprend un départ vers l'Algérie où les parents ont obtenu une concession de terre. 
Malheureusement, le malheur les touche peu de temps après leur arrivée. 
Les conditions de vie misérables ont raison des parents: sa mère meurt le 13 novembre 1857 à Lourmel , lieu de leur concession, elle avait 52 ans; et son père décède à son tour un peu plus de 3 semaines après, le 6 décembre à l'Hôpital d'Oran, à l'âge de 65 ans.
Son frère aîné de 28 ans perd la vie 6 mois plus tard, le 6 juin 1858.

Nicolas exerce alors le métier de Brigadier poseur au Chemin de Fer.

Il se marie le 17 juin 1871, à Relizane, avec Marie HILD. Il a 39 ans et elle a 26 ans. De leur union naissent 3 enfants.

De nationalité Allemande, il se fait naturaliser Français par décret du 25 janvier 1879. 

Je ne connais rien de la suite de sa vie. Je sais seulement qu'il est encore vivant lors du mariage de sa fille en 1907.




mardi 26 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - V comme Voiturier

#ChallengeAZ 2019 - V comme Voiturier





Le Voiturier est,  comme son nom l'indique, lié aux transports.
Il est un transporteur de produits, de marchandises ou de personnes. Selon les régions, on le connaît aussi sous le nom de roulier ou de charretier. Il est donc l'ancêtre du routier.






Alors qu'aujourd'hui le routier est au volant d'un camion; à l'époque, il transportait les marchandises à l'aide d'un véhicule hippomobile tel que charrette, carriole ou chariot, dont il était généralement propriétaire.


Au Moyen-Âge, ces voituriers étaient appelés "voiturier par terre"; mais il y avait aussi ceux que l'on appelait "voituriers par eau", qui eux s'occupaient du transport de marchandises sur les cours d'eau.


La profession de voiturier pouvait être un métier à temps plein mais, pour un certain nombre de personne, il s'agissait d'un emploi exercé en complément d'un autre métier.




Mes ancêtres Voiturier




Voici mes deux ancêtres qui ont exercé cette profession.



*Henri Joseph BOUS est né le 16 septembre 1810 à Bergues, dans le Nord. Il est le fils de Charles Louis BOUS, garde côte-canonnier, qu'il n'a jamais connu car il a disparu au moment de sa naissance, et de Alexandrine Rosalie DESCAMPS. Il a un frère, Pierre Joseph, et une sœur, Marie Joseph Rosalie.

Lors de son mariage, le 17 avril 1833, avec Marie Florence Benoite VANWORMHOUDT, il est déjà voiturier. 
Ils ont 8 enfants mais seul la moitié d'entre eux atteignent leur majorité.


Vers les années 1850, il abandonne cette profession et devient domestique et journalier.


Il décède le 8 avril 1862, toujours à Bergues, à l'âge de 51 ans.





*Jean Baptiste André Gustave Timothé REYNAUD naît le 24 janvier 1819 à Pertuis, dans le département du Vaucluse. Il est le fils de Joseph Pierre Ignace REYNAUD, boulanger, et de Augustine Elisabeth MUGUET.


Il se marie le 27 avril 1842, à Pertuis, avec Marie Euphrasine PELLENC. Ils ont 8 enfants dont 3 meurt avant l'âge de 4 ans.

Il exerce le métier de boulanger pendant une longue période mais vers la fin de sa vie, c'est la profession de voiturier qu'il pratique.

Il décède le 3 août 1885, à Marseille, alors qu'il a 66 ans.








#ChallengeAZ 2019 - U comme Un chapeau ou Un autre

#ChallengeAZ 2019 - U comme Un chapeau peut en cacher Un autre



Vous l'aurez compris, il s'agit là du Chapelier. Non, pas le Chapelier fou d'Alice au Pays des Merveilles. Quoique.
Bon, un peu de sérieux. 


Tout d'abord, faisons un peu d’étymologie: 
Les mots capacapella ont la même racine. 
Selon le Dictionnaire encyclopédique de l'Histoire de France de Ph. Le Bas « Le chapeau, qui, dans l'origine, fut un diminutif, non pas du chaperon, comme on l'a dit aussi, mais du capuchon qui accompagnait la chape, et servait à couvrir la tête, était une simple calotte de velours, de drap ou de feutre, retenue sous le menton par deux cordons. Cette calotte était tout unie ou ornée de fourrures, de broderies, de dorures et de pierreries, selon la fortune ou la condition de celui qui la portait. ».


Le Chapelier est celui qui confectionne et vend les chapeaux, les couvre-chefs et tous les autres accessoires de tête.


Un atelier de fabrication de chapeaux
Un atelier de fabrication de chapeaux


Au Moyen-Âge, on distingue plusieurs catégories de Chapeliers. 
Il y a les "chapeliers de fleurs", les "chapeliers de plume", les "chapeliers de coton" et les "chapeliers de feutre". 
Puis au XVIIe et XVIIIe siècle, avec la démocratisation du chapeau, toutes ses professions sont réunies sous la seule appellation de Chapelier.

On trouve aussi bien de petits ateliers que de plus grandes manufactures de chapellerie.


La fabrication


Les principales techniques de fabrication des chapeaux furent mises au point au xive siècle et n'ont guère évolué depuis. Quel que soit le matériau utilisé pour faire le feutre (castor ou bièvre (ancien nom du castor), laine, vigogne (un camélidé de la famille des lamas), etc.), les étapes de fabrication ne changent pas. Ces étapes sont au nombre de cinq, dont une subsidiaire : préparation du poil, foulage, mise en forme, teinture et garniture.

  • La préparation du poil consiste à couper le poil de castor et de vigogne des peaux, puis à les épurer en les arçonnant (une sorte de cardage).

  • Le foulage est la transformation de ce poil en feutre : avant la mécanisation au xixe siècle, le poil ou la laine cardés sont agencés en sorte de triangles nommés capades, que l'on réunit pour former une cloche. La foule, par l'action de l'eau chaude et du mouvement de va-et-vient et de pression de l'ouvrier, va feutrer la cloche, et lui donner de la solidité et son caractère imperméable. Avec la mécanisation, le poil et la laine seront directement soufflés sur une forme de cloche avant que celle-ci soit foulée. Pendant cette opération, la cloche va perdre les deux tiers de sa taille originelle.

  • La mise en forme fait passer la cloche au stade de chapeau : elle est placée sur une forme en bois, qui comprend seulement la calotte (jusqu'au xixe siècle) puis la calotte et les bords. Au xixe siècle, la cloche peut être mise en forme par pression sur des formes en métal.

  • La teinture est une étape subsidiaire. Elle consiste à plonger le chapeau dans un bain de teinture (pour la couleur noire on utilise de la noix de galle puis avec les progrès de la chimie des teintures chimiques) en alternant bain et oxydation en plein air. La majorité des chapeaux sont noirs, mais on peut les teindre en d'autres couleurs, dès le xvie siècle : le rouge est une couleur appréciée, en 1610 Louis XIII se fait livrer un castor teint en "vert de mer".

  • La garniture finalise le chapeau : après séchage il est déformé de sa forme en bois, les poils disgracieux sont coupés ou brûlés, on le recouvre d'un apprêt imperméabilisant, on lui ajoute une coiffe et un cordon, et parfois des broderies.



Modèle de moule à chapeaux
Modèle de moule à chapeaux



Mes ancêtres Chapelier

Mes ancêtres directs ne sont pas très nombreux à avoir exercé ce métier.


  • Otto SPAUTZ (sosa 176) est Chapelier à Neuerburg, en Allemagne, où il est né en 1713.

Il y épouse Elisabeth DALEIDEN et ont 8 enfants. 
Il y décède le 8 août 1785, à l'âge de 72 ans. 


  • Son fils, Johann SPAUTZ (sosa 88) lui succède. Il naît le 15 mai 1763 à Neuerburg.

Le 9 février 1789, il épouse Anna SCHIEDER et ils ont 7 enfants. 
En 1812, son épouse décède. Peu de temps après, toute la famille part s'installer à La Rochette (Fels), au Luxembourg.
Là-bas, il épouse en seconde noce, le 2 janvier 1815, Magdalena MANDERSCHEID.
Le 12 août 1837, il meurt à 74 ans.

Certains petits-fils d'Otto continuerons sur cette voie.



Source: Wikipédia

samedi 23 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - T comme Tonnelier

#ChallengeAZ 2019 - T comme Tonnelier




Le Tonnelier 


Autrefois appelé « charpentier de tonneau », le Tonnelier fabrique ou répare les fûts en bois (tonneaux) qui servent au stockage de liquide (vin, bière, eau ...) ou de produits solides (graines, salaisons ... . Selon les régions, on les appelait aussi broquiersfutaillierslieurs de cuvebarilliers.

Partenaire du vigneron, son travail joue un rôle important dans l'élaboration et le vieillissement du vin. Il exerçait principalement dans les régions viticoles, notamment le grand sud-ouest de la France, la Bourgogne, mais aussi l'Alsace, la Champagne, les Charentes...

Mais il confectionnait aussi bien d'autres objets: baquets, bailles, baignoiresbarattesbarils, barillets, cuveaux, seaux, seillons et hottes ...  


Un atelier de tonnellerie dans le Pays Landais
Un atelier de tonnellerie dans le Pays Landais


Cependant le tonnelier de village était pratiquement le seul à fabriquer des tonneaux ou à réparer les vieux fûts des vignerons. Il était payé à la pièce.

Pour fabriquer ces tonneaux, il utilisait principalement du chêne.

La fabrication des tonneaux comportait plusieurs étapes:


  • La première étape de la fabrication est le dolage qui consiste en la préparation des douelles qui serviront à fabriquer le tonneau. Le tonnelier utilise pour cela la plane et la colombe.
  • Vient ensuite l'assemblage ou bâtissage : le tonnelier réunit les douelles en tronc de cône, ceinturées à l'extrémité supérieure par une cercle provisoire. En utilisant l'asse et le chasse, un deuxième cercle est enfoncé à mi-hauteur. Lorsque la barrique a pris forme, elle est mouillée et un feu de copeau est allumé à l'intérieur.
  • Quelques heures plus tard, à l'aide du bâtissoir (aussi appelé la botissoire), le tonnelier resserre les douelles à l'autre extrémité et met en place un troisième cercle (ou moule).
  • Le cerclage définitif était ensuite effectué ; les cercles étaient enlevés un à un, le fond était inséré en écartant les douelles avec le tire-fond ou chien, puis les cercles définitifs, en fer ou en bois étaient posés fermement.
  • Pour terminer, les bondonnières, grosses vrilles coniques emmanchées, servaient à percer les bondes. Le robinet ne sera fixé qu'au moment de la mise en perce.


Outils du tonnelier
Outils du tonnelier




********************



Nos ancêtres Tonnelier


Nos ancêtres étaient généralement tonnelier de père en fils, habitaient dans des régions viticole et étaient liés , quelquefois par le mariage, à des familles de vignerons.



La famille HILD 





Arbre de la famille HILD
Arbre de la famille HILD



1 ) Johannes HILD (sosa 1 504) naît à Colmar, dans le Haut-Rhin, en Alsace, le 19 mars 1641. Il est le fils de Johannes HILD, dont je ne connais pas la profession, et de Maria HÄFFELE
Il épouse Anna JÄCKLIN le 17  août 1668 à Horbourg
Il décède le 20 janvier 1696 à Horbourg, à l'âge de 54 ans.

2 ) Son fils Johann Martin HILD (sosa 752) naît le 1er novembre 1671 à Horbourg
Il épouse Anna SIG à Fortschwihr
Il décède vers 1730 à Horbourg.

3 ) Son petit-fils Johannes HILD (sosa 376) naît le 29 avril 1708 à Horbourg
Il se marie à Maria Barbara KNAUSS, le 28 juin 1735 à Horbourg
En plus de son métier de tonnelier, il est également Administrateur de l'aumône de Horbourg c'est à dire trésorier paroissial.
Il décède le 30 mai 1794, encore à Horbourg, à presque 86 ans. 
Le couple a  plusieurs enfants (je ne sais pas encore le nombre exact) dont 3 fils qui seront à leur tour tonnelier: Johannes HILD (1754 - 1794), Andrea HILD et 

4 ) Son arrière petit-fils Johann Friederich HILD (sosa 188) naît le 12 mars 1739 à Horbourg
Il épouse Maria Magdalena SCHNEIDER le 29 janvier 1760 à Horbourg
Il décède le 2 octobre 1776 à Andolsheim à 37 ans.

Sur les 5 enfants connus du couple, 3 d'entre eux exercent ce métier: Jean HILD (1761 - 1836), Jean HILD (1768) et Mathias HILD (1768 -1814) qui continuera cette perpétuation de tonnelier encore sur 2 générations supplémentaires après lui. 
Quant à mon ancêtre direct Johann Friederich (1770 - 1844), mon sosa 94, il se dirigera vers le métier de Tailleur d'habit.

Cette famille de tonnelier a été une véritable dynastie de tonnelier qui dura environ 200 ans.



La famille KNAUSS / LANG


Arbre de la famille LANG / KNAUSS
Arbre de la famille LANG / KNAUSS


1 ) Peter LANG (sosa 3 018) était Maître tonnelier à Mittelwirh, en Alsace, dans le Haut-Rhin. Il était l'époux de Barbara BARTNERIN. Leur fille Barbara, épouse 

2 ) Johann Jacob KNAUSS (1645 - 1710), mon sosa 1 509. Il se marie le 25 septembre 1673 dans la commune de Mittelwihr
En plus d'être Tonnelier, il exerce la fonction de Maire. 
Son fils, du même prénom, Johann Jacob KNAUSS (sosa 754) devient, quant à lui Vigneron. Ce dernier est d'ailleurs le père de Maria Barbara KNAUSS, vue plus haut.



La famille MOISSENET



1 ) Denis MOISSENET (sosa 2 776) naît à Nuits-Saint-Georges, en Bourgogne, dans le département actuel de la Côte-d'Or. Il est le fils de Pierre MOISSENET, menuisier. 
Il épouse Anne PINCENIN
Il décède le 1er avril 1695 dans la même commune.


Extrait Acte de Naissance de Denis MOISSENET fils
Extrait Acte de Naissance de Denis MOISSENET fils (source: AD 21)


2 ) Son fils Denis MOISSENET (sosa 1 388) naît le 12 mai 1660, aussi à Nuits-Saint Georges
Il épouse Anne MARCHAND
Il est Maître Tonnelier comme son père.


Extrait Acte de Décès de Denis MOISSENET fils
Extrait Acte de Décès de Denis MOISSENET fils (source: AD 21)


3 ) Son petit-fils François MOISSENET (sosa 694) naît le 19 janvier 1692 au même endroit que son père et grand-père. 
Il épouse Pierrette ROY, le 7 juillet 1716, qui meurt l'année suivante. 
Puis, il se remarie le 7 septembre 1717 avec Louise FAUCHEY

Selon mes recherches ils ont eu une fille mais nul doute qu'ils ont eu d'autres enfants, et peut être que la tradition "tonnelière" a perduré.


Extrait de l'Acte de Mariage de François MOISSENET
Extrait de l'Acte de Mariage de François MOISSENET (source: AD 21)



SourceMétiers d'Autrefois Illustrés sur le net: http://metiers.free.fr/at/t001_a.html




vendredi 22 novembre 2019

#ChallengeAZ 2019 - S comme Scieur de long

#ChallengeAZ 2019 - S comme Scieur de long





Le Scieur de long est un homme chargé de débiter les troncs d'arbre pour en faire des planches, des poutres, des chevrons ou des voliges. Ce travail demandait beaucoup d'adresse pour scier en ligne droite avec de grandes scies manuelles.








Le Scieur de long travaillait souvent au sein d'une équipe de deux ou trois personnes, cela rendait leur travail plus efficace.

Il y avait le chevrier, qui se tenait debout sur le tronc (rondin ou tronc équarrie à la hache) et qui faisait remonter la scie, et le renardier ou le renard, qui se situait au dessous du bois et qui faisait redescendre la scie sous son propre poids. Ils étaient quelquefois aidés par le doleur qui les dirigeaient.





Le Scieur de long au travail
Le Scieur de long au travail




Le métier de Scieur de long était généralement un travail saisonnier qui se pratiquait en automne et hiver, surtout dans les régions de montagne. 

Mais il pouvait être aussi un travail nomade, où les longs déplacements étaient très fréquents. Mais on peut trouver plusieurs types de Scieur de long. 

Il y avait:
- des sédentaires qui travaillaient autour de chez eux
-des itinérants qui s'éloignaient un peu plus mais qui restaient encore assez proche de leur lieu de vie
- des ambulants qui partaient au loin et n'avaient pas d'habitation fixe, parmi eux des Scieurs de long souvent originaire d'Auvergne ou de Creuse.

Quelque soit leur façon de travailler, il devait transporter facilement leurs outils: il disposait d'une COGNÉE (grosse hache à biseau étroit), d'une SCIE à BÛCHE, d'une SERPE pour ébrancher, d'un BAILLE-VOIE et d'un PASSE-PARTOUT (grande scie démontable, montée sur un trépied, maniée par deux hommes). 


La scie et son trépied
La scie et son trépied


Le baille-voie
Le baille-voie



L'ancêtre paternel de mes enfants, Basile BARRIÈRE, fut le seul ancêtre direct à exercer ce métier.

Basile BARRIERE est originaire du Tarn. Il naît le 11 août 1826 à Puycelsi, un village perché sur un piton rocheux qui domine de 150 m la vallée de la Vère. Il est le fils de Jean Pierre BARRIERE, cultivateur, et de Marthe CAVAIGNAC.
Il n'a pas encore 4 ans quand son père décède, le 11 avril 1830.

A 26 ans, il épouse Marie Lizine DELCROS, le 28 janvier 1853, à Tauriac, petit village à 25 km de Puycelsi. Ils ont deux enfants avant que son épouse décède à l'âge 25 ans, en 1858.

Le 11 novembre 1860, à Puycelsi, il épouse en seconde noce, Adélaïde GERBE. Ils ont trois enfants.

Il décède le 9 octobre 1911, toujours à Puycelsi, à l'âge de 85 ans.


Toute sa vie, il semble avoir exercé le métier de Scieur de long car tous les actes ne mentionnent que lui. Donc, cela indiquerait qu'il était un Scieur de long sédentaire et qu'il exerçait cette profession toute l'année. 
Mais je ne suis pas à l'abri d'en apprendre davantage si je devais découvrir de nouveaux documents réfutant cette hypothèse.



Source: 
  • ARCOMA: https://www.arcoma.fr/fr/metiers-d-antan/176-metiers-du-bois/scieur-de-long
  • GénéaWiki: https://fr.geneawiki.com/index.php/Scieur_de_long
  • http://www.en-bois-obrador.com/le-bucheron-et-le-scieur-de-long.php



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